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ConcordiaMarienthal · depuis 1911

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Un peu d'histoire…

De la Turnverein à l'ASCCM

Récit des premières décennies de la Concordia, écrit par Raymond Steinmetz, secrétaire général de l'association jusqu'en 2017. Merci Raymond…

1870-1911

Un lieu-dit à l'ombre de la Basilique

En 1870, l'Alsace devient une province du Reich. Marienthal et son imposante Basilique, consacrée dans les années 1850-1860, avait pris un essor remarquable grâce au pèlerinage. La tuilerie près de la forêt de Gries et un moulin sur le Rothbaechel, route de Bischwiller, faisaient vivre les quelques familles nombreuses qui dépendaient de la commune de Gries. Chaque famille exploitait un lopin de terre qui lui procurait le pain quotidien ; la forêt environnante fournissait le chauffage durant les hivers souvent rudes.

Autour de la Basilique se construisirent bientôt des hôtels-restaurants pour abriter les nombreux pèlerins venus de loin. Il fallut les héberger, ainsi que leur attelage, pendant les festivités religieuses, surtout durant le mois de mai. Chaque établissement se vantait de sa grange-écurie et employait un nombreux personnel de ferme. Dès leur sortie d'école, à 12 ans, les garçons s'engageaient comme valets et les filles « servaient », comme on disait alors pudiquement. Les aînés des familles s'expatriaient en Lorraine pour gagner leur pain dans les mines ou les aciéries. On compta bientôt 300 âmes dans le petit lieu-dit.

C'est l'époque où les contestataires alsaciens, dont l'abbé Soenhlin, élu au Reichstag, était le chef de file, trouvèrent un moyen de marquer la spécificité alsacienne devant l'occupant prussien : la création d'associations sportives patronales. Dès 1898, ces patronages se fédérèrent dans l'« Elsässischer Turner-Bund » (ETB), très mal vu par l'Empire. En 1918, l'ETB deviendra l'AGR.

En 1911, les jeunes de Marienthal étant en nombre suffisant, M. Louis Felden créa le « Turnverein Concordia », qui adhéra à l'ETB.

1923-1932

Sommeil et réveil

En 1923 fut créée la section de football. Les nombreuses difficultés s'étant avérées insurmontables, l'activité fut arrêtée en décembre 1925. Les membres restants baptisèrent l'association « Katholischer Jünglingsverein Concordia ». L'abbé Justin Heiligenstein fit son possible pour maintenir en vie cette ébauche d'association. Le théâtre resta la seule activité et servit à financer une excursion annuelle. Le manque de moyens, et surtout d'intérêt, provoqua la mise en sommeil de la Concordia une année durant, à partir de janvier 1929…

En janvier 1930, le recteur Heiligenstein donna son accord pour la tenue d'une assemblée générale chargée d'examiner les moyens de réveiller l'association. Une vingtaine de jeunes et quelques anciens relevèrent le fanion. Le 1er mars de la même année fut créée la section de basket, suivie d'une section d'athlétisme. La Concordia revit ! Les fêtes d'été, les matchs de basket, les compétitions d'athlétisme, l'excursion sur le camion de Hubert Fischer et le théâtre en hiver ponctuèrent l'année.

Bernard Logel, homme providentiel, exerça la présidence durant cette période incertaine, jusqu'au 6 mars 1932. Il était secondé par le vice-président Marcel Martz, figure emblématique de la vie associative catholique en Alsace, qui lui succéda jusqu'en 1948.

1930-1939

Le sport, la foi et le théâtre

Nous devons ces renseignements au secrétaire d'alors, un certain René Koessler. Appelé sous les drapeaux en juin 1935, il céda son poste à Hubert Fischer. Ses rapports, rédigés en écriture Sütterlin, sont des exemples de rigueur et de clarté. La mission de la Concordia comportait alors trois volets : le sport, la religion et la culture.

Le sport roi à Marienthal fut le basket. Les jeunes de ce temps-là étaient polyvalents : ils n'avaient pas peur, après un match de basket, de participer à une compétition d'athlétisme ou à un cross. La réputation des joueurs de Marienthal — Walter Prydz, Aloys et Albert Houtmann, Jérôme Koehren, Joseph Kennel — resta dans les annales et attira bien des jeunes.

La religion était omniprésente. Une section eucharistique s'engageait auprès de la Basilique : culte, processions, service d'ordre… L'association allait en rangs serrés au banc de communion une fois par mois. Le « Präses », aumônier de l'association, ouvrait les séances par une prière et les terminait par une petite leçon de morale et un cantique. Les pièces de théâtre étaient soigneusement soumises à une censure rigoureuse ; les livrets comportaient pas mal de ratures.

La Concordia donnait régulièrement ses représentations hivernales dans le « Vereinshüss », la salle d'œuvres — l'actuelle salle Saint-Joseph —, où une scène fut aménagée dans les années trente. La séance de cinéma bimensuelle, avec les appareils et les films de « Pathé rural », était fort appréciée : « Verdun », « L'orphelin du Far West »… furent des succès.

Pour les entraînements nocturnes, un panneau fut monté dans la cour du restaurant « Le Cerf », situé sur l'actuel parking près du Carmel. Ce fut le point de rencontre des Prydz et des Houtmann, chevilles ouvrières du basket ; le restaurant servait aussi de vestiaire, et les troisièmes mi-temps y furent épiques. Le joueur payait sa tenue (jusqu'en novembre 1938) et la moitié de ses frais de transport ; les minimes se déplaçaient gratuitement.

La Concordia eut aussi ses problèmes internes : indiscipline (3 francs d'amende pour une absence, 1,50 franc pour un retard), démissions, susceptibilités. En octobre 1935, plusieurs membres ayant refusé des rôles dans la pièce de novembre furent exclus pour six mois — avant qu'une assemblée générale houleuse n'annule les exclusions et ne fixe la représentation à Noël. 1936 fut une année sombre, 1937 une année calme, avec 30 membres actifs, passifs et jeunes. 1938 et 1939 furent deux années calmes avant la tempête.

1939-1948

La guerre, puis la renaissance

En septembre 1939, c'est la guerre. Durant la drôle de guerre, les activités continuèrent. Le 13 mai 1940, Marienthal est évacuée. Le 6 septembre 1940, l'occupant promulgue l'interdiction des associations ; leurs biens passent sous le contrôle du « Stillhaltekommissar ». 350 francs et les statuts furent remis aux autorités nazies le 1er octobre 1940.

Le 8 avril 1945, un mois avant la fin des hostilités, une assemblée générale de 30 membres décida de reprendre les activités comme avant-guerre. La Concordia adhéra à l'AGR. Une quête rapporta 900 Reichsmarks et 1 750 francs ; Camille Jund fit présent d'un ballon de basket, qui coûta 720 francs. Le 17 novembre 1945, le secrétaire René Gless comptait 52 membres, dont 15 de moins de 18 ans : un record.

Le 9 mai 1947, Paul Clauss fut chargé de créer une section de tir : l'attraction des fêtes devint une discipline sportive. La même réunion créa une section de ping-pong. Le 8 août 1947, Alex Clauss fut chargé d'esquisser le drapeau de la Concordia ; l'uniforme — culotte blanche, chemisette blanche frappée de l'écusson et béret — devint de rigueur. Naquirent aussi une section de clairons et un orchestre.

1948-1956

Le temps des tempêtes

Le 16 janvier 1948, contre toute attente, Marcel Martz fut mis en minorité après seize ans de présidence. Roger Gruber le remplaça, puis Camille Jund en 1949. La Concordia cessa toute activité d'avril 1951 à novembre 1952 ; la clique et le ping-pong furent abandonnés. Une fois de plus, l'infatigable Marcel Martz, alors chef du secteur AGR de Haguenau, relança le basket, le tir et l'athlétisme.

Les mentalités changeaient avec l'arrivée d'une nouvelle population à Marienthal. L'occupation de la salle d'œuvres mit le feu aux poudres avec le clergé. La pièce « Le Credo de Lourdes » fut pourtant un succès sans précédent : six représentations jusqu'au 24 avril 1955 — l'attribution du rôle de la Vierge Marie donna lieu à une belle empoignade, et deux jeunes filles le jouèrent en alternance.

Le 28 août 1955, grande fête d'été et bénédiction du fanion de l'association : 13 sociétés des environs y participèrent, et les basketteurs américains de la base de Phalsbourg, les « Falcons », firent sensation. La fin de l'année fut marquée par la signature du bail emphytéotique du terrain qui allait devenir notre stade.

Le 19 janvier 1956, l'assemblée générale porta Alfred Logel à la présidence et confia le tir à Alfred Mathern. Ils restèrent en fonction quarante ans. Une ère nouvelle s'ouvrait — mais c'est une autre histoire…

— Raymond Steinmetz

Les faits marquants jusqu'à aujourd'hui